S’il est une tradition culinaire de Vesoul qui perdure, c’est bien celle-ci. Exit le brochet ou le sandre à vésulienne, la soupe de cerise, la star, c’est le petit cochon en pain d’épices de la Sainte-Catherine.

petit cochon Sainte-Catherine

Tous les 25 novembre, depuis des siècles, c’est Sainte-Catherine à Vesoul. A l’origine foire agricole, cette fête typiquement vésulienne est devenue, depuis le Moyen-Age, une foire à tout. Mais elle a conservé – ou plutôt les aurait-elle développées au fil du temps ? – ses traditions, dont celle, incontournable, du petit cochon de pain d’épices.

Le cochon de pain d’épices de Vesoul

De la farine de blé, de la farine de seigle, du miel, des œufs, du lait, de la poudre à lever, du bicarbonate de soude et, bien sûr, du miel, telle est la recette des fameux petits cochons. Sans oublier, bien entendu, de leur donner cette forme caractéristique de cochon, vu de profil.

C’est une sorte de madeleine de Proust pour les petits vésuliens, qui revient immuable, tous les ans, un mois tout juste avant Noël. D’autant que, aujourd’hui, il est difficile de trouver un petit cochon de Ste-Catherine sans son fameux nappage en chocolat.

Mon prénom et un sifflet

Car il faut bien dire que le pain d’épices vésulien n’a pas grand chose à voir avec celui des géants de l’industrie alimentaire. Il est relativement sec, croquant, et le chocolat convient mieux aux palais contemporains des enfants vésuliens. Qui, de toute façon, réclament à corps et à cris leur pâtisserie annuelle aux parents négligents.

Car le cochon de Sainte-Catherine a, à leurs yeux, deux atouts décisifs : la queue du cochon est remplacée par un sifflet en bois (plus rarement en plastique) qui ravit les bambins et torture les adultes, et, par dessus le chocolat, le prénom de l’enfant écrit dans un beau blanc immaculé.

Sans ces deux atouts, pourrait-on encore seulement parler de cochon de Sainte-Catherine ?

crédits photos : Remi Mathis