Du 9 au 25 février prochain se tiennent à Pyeongchang en Corée du Sud, les 23èmes Jeux Olympiques d’Hiver. Un événement sportif mondial dans lequel, au cours de l’Histoire, les sportifs franc-comtois se sont souvent illustrés. Retour sur les grandes heures de la Franche-Comté aux JO d’Hiver.

Autant le dire d’emblée. Ce n’est pas des plaines de la Saône, du Doubs ou de la Savoureuse que sont venus les médaillés olympiques d’hiver. Et c’est chaussés de skis que les athlètes du massif du Jura (Jura et Haut-Doubs) ont pu rapporté quelques belles médailles à la Franche-Comté.

Car oui, les JO d’Hiver sont une passion comtoise. Qui débute dans les années 1960. Et continuent aujourd’hui. Car, cette année encore, les chances de médailles olympiques sont encore nombreuses pour la délégation comtoise.

Le ski alpin est-il jurassien ?

1964, Innsbruck. Léo Lacroix, skieur de Bois d’Amont (39) s’élance dans la descente olympique. Déjà, on parle en France des sœurs Goitschel, de François Bonlieu, ou d’un certain Jean-Claude Killy. Mais ce jour-là, c’est bien le franc-comtois Lacroix qui va décrocher une médaille. L’argent, derrière l’autrichien Zimmermann.

Las. Le palmarès comtois dans les épreuves de ski alpin aux JO d’Hiver en restera là. On y a bien cru, plusieurs fois. Avec, par exemple Nathalie Bouvier, vice-championne du monde 1991 en descente, mais qui échouera aux JO d’Hiver d’Albertville (1992).

A de rares exceptions près, le ski alpin français reste… alpin.

Le ski nordique franc-comtois aux Jo d’Hiver

Par contre, le ski nordique français est, quant à lui, et depuis de nombreuses années, dominé par des talents venus de Franche-Comté. Que ce soit le ski de fond, le combiné nordique ou le triathlon, le massif du Jura reste le plus grand pourvoyeur de médailles « nordiques » pour la France aux JO d’Hiver.

– le ski de fond franc-comtois

Avec la Transjurassienne, la Franche-Comté a su s’imposer comme une terre de ski de fond. Mais comme pour le ski alpin, les médailles se font attendre. Il faut dire que la France n’a obtenu que deux podiums olympiques dans cette spécialité depuis 1928.

Ce n’est pourtant pas faute de compter parmi les fondeurs comtois de vrais talents. Hervé Balland, de Champagnole, a ainsi terminé à la cinquième place du 50km des JO d’Hiver d’Albertville (1992) avant d’être vice-champion du Monde, un an plus tard.

Et que dire d’Emmanuel Jonnier ? Le skieur de Saint-Claude a, quant à lui, récolté trois fois, en deux Olympiades, la médaille en chocolat (Turin 2006, Vancouver 2010) lors du 50km et des relais.

– combiné nordique, spécialité franc-comtoise

Les médailles franç-comtoises, c’est dans les disciplines combinées qu’il faut les chercher. Et d’abord dans le combiné nordique (saut à ski, ski de fond). 1992, Albertville. Fabrice Guy, de Mouthe (natif de Lons-le-Saunier) est le leader de la Coupe du Monde de la spécialité. ET le grand favori de l’épreuve. Non seulement il survole la course et devient Champion Olympique, mais il devance la surprise du jour, Sylvain Guillaume, de Champagnole.

Et ce double or/argent sera suivi d’une autre médaille, en bronze cette fois, lors du relais de Nagano, auquel participeront les deux compères franc-comtois.

Mais l’histoire du combiné nordique comtois ne s’arrête pas là. Jason Lamy-Chappuis, de Bois d’Amont, en est même devenu un des plus grands champions, toutes nationalités confondues. Champion olympique du petit tremplin à Vancouver (2010), quintuple champion du monde, triple vainqueur de la Coupe du Monde (classement général).

Quant à Sébastien Lacroix, de Saint-Claude, il échouera deux fois à la quatrième place du relais. Ce qui ne doit pas faire oublier son double titre de Champion du Monde.

– le biathlon et la Franche-Comté

Et les franc-comtoises, dans tout ça ? C’est dans le biathlon (ski de fond, tir à la carabine) qu’on les retrouve surtout. Avec, notamment, Florence Baverel, de Pontarlier, une biathlète au palmarès plus qu’élogieux. Championne olympique du sprint à Turin en 2006, cheffe de file du relais français médaillé de bronze la même année, elle a aussi obtenu 9 médailles lors de championnats du Monde.

Vincent Defrasne, lui aussi de Pontarlier, est quant à lui sacré champion olympique de la poursuite en 2006. Un titre auquel il faut ajouter deux médailles de bronze olympiques, en relais (2002, 2006), deux titres de champion du monde, et six médailles mondiales.

Les pontissaliens succédaient ainsi à un grand champion franc-comtois, Patrice Bailly-Salins (Morez), médaillé de bronze en relais à Lillehammer (1994), champion du monde du sprint en 1995 et vainqueur du classement général de la Coupe du Monde 1994.

Et pour Pyeongchang ?

Cette année encore, la délégation comtoise aux JO d’Hiver comptera quelques belles chances de médailles. Et, comme d’habitude, c’est sur les épreuves combinées (combiné nordique, biathlon) qu’on comptera le plus.

– biathlon : Célia Aymonier (Pontarlier, médaillée de bronze aux championnats du monde en relais), Anaïs Bescond (Morbier, six fois médaillée aux championnats du monde, championne du monde de relais mixte), Quentin Fillon-Maillet (Champagnole, champion du monde de relais mixte en 2016, quadruple médaillé mondial) et aussi Martin Fourcade (double champion olympique, numéro un mondial), qui vit à Prémanon.

– combiné nordique : François Braud (Pontarlier, double champion du monde), Jason Lamy-Chappuis (Bois d’Amont, champion olympique, cinq fois champion du Monde), Laurent Muhlethaler (Prémanon)

– ski de fond : Anouk Faivre-Picon (Pontarlier), Aurore Jean (Grandvaux)

– short-track (patinage) : Tifany Huot-Marchand (Belfort)

Souhaitons le meilleur aux franc-comtois et franc-comtoises pour cette édition des JO d’Hiver. En espérant – peut-être un jour ? – voir s’organiser les JO d’Hiver de Besançon !