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Le FC Sochaux-Montbéliard : une histoire comtoise

Qu’on aime – ou pas – le football, on ne peut guère ignorer une réalité de la culture comtoise contemporaine : le FCSM. Car le Football Club de Sochaux-Montbéliard fait partie, quoi qu’il en soit, de la réalité franc-comtoise des XXème et XXIème siècle.

Janvier 2016, Lons-le-Saunier. On vient pour la Percée du Vin Jaune. Le long des trottoirs sont garées des centaines de voitures. Trois, quatre, cinq d’entre elles arborent un fanion FC Sochaux-Montbéliard. Pourtant, on est bien loin du Stade Bonal : près de 200km, contre 150km du Stade Gerland de Lyon, ou une quarantaine de Louhans-Cuiseaux, côté bourguignon.

De Belfort à Saint-Claude, en passant par Vesoul, Besançon, Dole ou Lons, donc, le cœur des amateurs de football penche presque immanquablement pour Sochaux, son club de foot, son emblème, ses couleurs. Car, en près de 90 ans d’histoire, le FCSM est devenu en quelque sorte une équipe nationale de Franche-Comté.

Sochaux : des couleurs, un symbole

Pour quiconque se sent franc-comtois et aime le football, le FC Sochaux-Montbéliard est le club idéal : par son symbole, par ses couleurs. Il faut dire que le paternalisme à la sauce Peugeot est passé par là. Le FCSM naît de la volonté de deux cadres des usines Peugeot de Montbéliard, Louis Maillard-Salin et Maurice Bailly. Jean-Pierre Peugeot, alors directeur des usines Peugeot, est enthousiaste. Inspiré par l’exemple de l’AS Valentigney, pur produit des cycles Peugeot, il défend le projet, lui insufflant l’idée d’un football professionnel, loin de l’amateurisme simulé des clubs émergents du moment.

logos FC Sochaux Montbéliard

Les trois hommes choisissent le logo : ce sera le Lion Peugeot, lui-même largement inspiré du drapeau comtois. Les couleurs, jaune et bleu, d’ailleurs, seront également tirées du même oriflamme. Très vite, les joueurs (le FCSM va se spécialiser dans la formation des jeunes) seront appelés, sur la même idée, les Lionceaux.

Un palmarès non-négligeable

A l’appui de cette aura régionale, le FCSM va devenir rapidement le club de beaucoup de records : plus long passé en élite (Division 1 ou Ligue 1) du championnat de France de Football, premier club ouvertement professionnel, donc, meilleur club de formation de jeunes… Sans être le PSG, l’OM ou ASSE, Sochaux est une place forte du foot à la française.

Dès sa création ou presque, le professionnalisme du FC Sochaux va engendrer résultats et spectacle. Car le football sochalien est un football de spectacle. Ce qui ne l’empêche pas de conquérir d’emblée deux titres de Champion de France (1935, 1938) dans le Stade de la Forge, ainsi qu’une Coupe de France en 1937.

Mais le FC Sochaux, c’est aussi la longévité : 66 saisons en première division pour 2368 matchs joués, trois coupes Gambardella, cinq finales de Coupe dont deux gagnées, une demi-finale de Coupe de l’UEFA et une victoire en Coupe de la Ligue, le tout entre 1935 et 2007. Car le club s’est aussi fait une spécialité des coupes.

finale Coupe de France 1988

Et, en la matière, outre ses victoires (1935, 2004 (ligue), 2007), le FCSM a offert à ses supporters des moments d’intensité particulièrement incroyables. Les plus anciens se souviennent de la finale perdue contre Le Havre de 1959 en deux matchs, le premier s’étant soldé par un match nul, après une égalisation in extremis des Havrais. Ensuite, c’est un véritable exploit qui hisse les Sochaliens en demi-finale de Coupe d’Europe en 1981, sortis au terme d’un match à suspens contre les Hollandais du AZ Alkmaar. En 1988, le FCSM, après avoir battu presque tous les records de la Division 2, manque de peu (aux tirs au but) de devenir le second pensionnaire de deuxième division (après Le Havre en 1959) à remporter la compétition.

C’est sans doute autant de ce passé de « beautiful loser » que de ses succès que le FCSM a tiré sa gloire. Cela, plus ses vertus de combativité, de créativité et de confiance faite aux jeunes, en a fait de loin l’équipe préférée des amateurs comtois de football. Sans compter le fait que le club a formé nombre de footballeurs comtois parmi lesquels Albert Cartier, de Vesoul, actuel entraîneur de l’équipe élite, Étienne Mattler (Belfort, 46 sélections en équipe de France), Benoît Pedretti (Audincourt, 22 sélections), ou Jérémy Mathieu (Luxeuil-les-Bains, joueur du FC Barcelone).

Jean-Loup Desbois

Autoproclamé vice-président par intérim à vie de la République de Comté-Cancoillotte, Jean-Loup Desbois est un militant de la cause comtoise, un bon vivant régionaliste qui sait s'ouvrir au monde.

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